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        <title>Bourlinguer - littérature_étrangère</title>
        <description>L’auteur a 21 ans quand il part à la découverte de l’Afrique. Voir photos ci-contre et lire &quot;Souvenirs de Guinée et d'autres voyages&quot; publié par EDILIVRE</description>
        <link>http://bourlinguer.midiblogs.com/littérature_étrangère/</link>
        <lastBuildDate>Sat, 04 Oct 2008 21:28:59 +0200</lastBuildDate>
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                <title>Sisí, mon fils idolâtré</title>
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                <author>noreply@midiblogs.com (Bourlinguer)</author>
                                                <category>Littérature étrangère</category>
                                                <pubDate>Sun, 05 Oct 2008 11:00:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    (...) Quelque chose s’écroulait pour Cecilio Rubes. Quelqu’un passa près de lui et lui donna une petite tape sur le dos: “Félicitations, mon vieux”. Dans le coin il y avait un autre groupe et Cecilio Rubes se dirigea vers lui. A ses yeux, sa personnalité devenait ridiculement petite. Il se laissa tomber dans un fauteuil et le lieutenant-colonel López lui dit: “Comment ça va, Rubes?”, mais sans le moindre désir de savoir comment ça allait; à peine le regarda-t-il. Lozano, le magistrat, dit: “Les choses maintenant devront se prêter à une révision”. Le lieutenant-colonel López dit: “La Russie a-t-elle rompu son traité d’alliance avec l’Entente? Voilà la question”. “Je ne suis pas d’accord, dit le magistrat. La question doit être posée ainsi: Un gouvernement doit-il rester pieds et poings liés par les engagements des gouvernements précédents? Rubes demanda un verre et puis un autre. Il avait cru qu’on le ragaillardirait mais ce ne fut pas le cas. Aujourd’hui, les élucubrations politiques de ses amis l’ennuyaient; il les trouvait grandiloquentes et vides. L’indifférence de son groupe, le fait que son problème familial restât obscurément relégué, lui faisait mal. Il entendit la voix aigre de Valdés, violant l’espace de réunion du lieutenant-colonel López: “La taxe est une grande faute”. Il entendit la voix du lieutenant-colonel López violant l’espace de réunion de León Valdés: “La révolution n’a pas besoins de motifs!” Il se fit un silence. Rubes pensa: “Mon tour est arrivé”. Et ressentit comme un commencement d’embarras. Il prit le verre pour le dissimuler, vit s’allumer les yeux du magistrat et se dit: “Prêt, Rubes”. Le magistrat dit: “Diable, diable! Regardez quelle créature!” Devant la grande fenêtre passait une jeune fille aux formes arrondies en compagnie d’une vieille femme. Valdés, de l’autre groupe, dit en levant sa figure d’oiseau: “Je la connais”. Le lieutenant-colonel López demanda: “A fond?” Tous éclatèrent de rire. León dit: “Je connais l’autre. Entendons nous”. Cela n’amusa pas Cecilio Rubes;  cet après-midi les pieds le gênaient. Il les trouvait trop chauds et ne savait où les mettre. Il se leva et sortit sans tourner la tête. Il pensa: “Demain je présenterai ma démission. Je ne dois pas présider un groupe qui ne m’estime pas”. Il savait que le jour suivant il ne présenterait pas sa démission mais il se satisfaisait en préparant, au moindre motif, un geste théâtral de dignité offensée qu’il n’arrivait jamais à adopter. Il appréciait trop la présidence du Real Club; cet honneur, dans la ville, constituait une remarquable marque de distinction. (...)&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Miguel Delibes&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sisí, mon fils idolâtré, nous raconte la vie de Cecilio Rubes, un fabricant de baignoires quadragénaire, superficiel et égoïste. Il n’a pas d’amis, n’aime pas réellement sa femme et ne se rappelle de Dieu que dans les pires moments. Au moment d’éduquer son fils, il ne sera guidé que par le désir qu’il “soit heureux”. Peu lui importe qu’il fréquente les bas fonds ni qu’il délaisse ses études. Et la dis-cipline avec laquelle les Sendín - prototype de la classe moyenne conservatrice et contrepoint de la propre famille de Cecilio - éduquent leurs fils, lui parait comique et superflue. Mais sa négligeance recevra son châtiment en révélant l’immense absurdité de sa vie. Authentique satire morale, le roman réunit toutes les qualités narratives de Delibes: sa justesse dans le traitement des personnages; son langage riche et précis; sa maîtrise pour recréer des situations et des évènements de la vie espagnole; l’ampleur de ses registre et leur intensité. Considéré comme un des meilleurs romans de Miguel Delibes, Mi idolatrado hijo Sisí a été porté au cinéma sous le titre : Retrato de familia, portrait de famille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Miguel Delibes est né à Valladolid en 1920. Il a obtenu le prix Nadal en 1947 avec &lt;em&gt;La sombra del cíprés es alargada&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;En France, son principal éditeur est VERDIER
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                <title>Sisi, mon fils idolâtré</title>
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                <author>noreply@midiblogs.com (Bourlinguer)</author>
                                                <category>Littérature étrangère</category>
                                                <pubDate>Thu, 02 Oct 2008 18:15:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    (...) Quand il y entra cet après-midi, Cecilio Rubes espérait un accueil d’apothéose. Cecilio Rubes se l’était avoué secrètement pendant qu’il mangeait et ne put dissimuler un sourire de complai-sance. Il n’était pas le président pour rien et il y avait des sympathies là. Peut-être lui avait-on préparé quelque petite blague inoffensive. Il ne connaissait que trop le boiteux León Valdés pour pour s’attendre à tout. León Valdés était un riche propriétaire à la tête d’oiseau qui postillonnait en parlant. Et quand Cecilio arriva León disait à cor et à cri: “Et je le dis: La taxe tue la semence!” Rubes se mit au garde-à-vous et salua. Ramón Prado, les narines de son énorme nez tremblantes, dit: “Mais, mon ami, maintenant on te permet d’augmenter la taxe de quatre pesetas, n’est-ce pas?” León Valdés tourna légèrement la tête: “Salut, Cecilio”, dit-il, et il ajouta en vociférant: “Je te répéte à toi et à tous que le pire de la taxe n’est pas d’être basse; le pire de la taxe c’est la taxe elle-même!” Cecilio pensa: “Où vont-ils s’arrêter?” Son espoir si bien nourri fondit quand la tête négligée de Fidel Amo, le pharmacien, s’inclina légèrement vers lui et lui dit à mi-voix, comme avec une certaine in-quiétude: “Félicitations, Cecilio”. Puis il ajouta: “Ce que dit León,  Ventosa le sait et Maura le sait aussi, ce qui arrive c’est que dans ce pays personne n’ose exprimer ce qu’il pense”. Valdés hurla en ou-vrant grade la bouche: “Ventosa dit: La taxe est injuste et inefficace. Bien. Mais après, que fait Ventosa?” Fidel Amo dit: “Ce que les autres ont fait”. Le nez de Ramón Prado se leva menaçant: “La réalité c’est celle-ci: ou c’est un problème de cherté ou c’est un problème de pénurie”.(...)&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Miguel Delibes&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Sisí, mon fils idolâtré, nous raconte la vie de Cecilio Rubes, un fabricant de baignoires quadragénaire, superficiel et égoïste. Il n’a pas d’amis, n’aime pas réellement sa femme et ne se rappelle de Dieu que dans les pires moments. Au moment d’éduquer son fils, il ne sera guidé que par le désir qu’il “soit heureux”. Peu lui importe qu’il fréquente les bas fonds ni qu’il délaisse ses études. Et la dis-cipline avec laquelle les Sendín - prototype de la classe moyenne conservatrice et contrepoint de la propre famille de Cecilio - éduquent leurs fils, lui parait comique et superflue. Mais sa négligeance recevra son châtiment en révélant l’immense absurdité de sa vie. Authentique satire morale, le roman réunit toutes les qualités narratives de Delibes: sa justesse dans le traitement des personnages; son langage riche et précis; sa maîtrise pour recréer des situations et des évènements de la vie espagnole; l’ampleur de ses registre et leur intensité. Considéré comme un des meilleurs romans de Miguel Delibes, Mi idolatrado hijo Sisí a été porté au cinéma sous le titre : Retrato de familia, portrait de famille.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Miguel Delibes est né à Valladolid en 1920. Il a obtenu le prix Nadal en 1947 avec &lt;em&gt;La sombra del cíprés es alargada&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;En France, son principal éditeur est VERDIER
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                <author>noreply@midiblogs.com (Bourlinguer)</author>
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                                                <pubDate>Wed, 24 Sep 2008 14:15:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    (...) Rubes appréciait son club. Il estimait que les personnes étaient modulées par le club auquel elles appartenaient. Il n’aimait pas les habitués du Centre du Commerce. En raison de sa profession il payait la cotisation mais était un membre purement nominal. La plupart étaient des artisans, des spéculateurs et des commis. Le Cercle ne lui plaisait pas non plus, par son excessive popularité; c’était un cercle de fonctionnaires modestes. Dans la ville le Real Club était l’entité sociale la plus élevée et ses associés, pour la plu-part, étaient des gens ayant une bonne situation, amateurs de bonne table, de femmes et de jeu. Cecilio Rubes ne concevait pas un homme du monde qui n’aimât pas prendre par la taille une femme qui ne fût pas la sienne ou risquer cinq cents pesetas sur une carte ou un numéro. Si en plus il buvait de bons coups, et fumait de gros havanes, le type d’homme du monde était parfait aux yeux de Ceci-lio Rubes.&lt;br /&gt;Pour lui, le club était son second foyer. Peut-être, avant la nais-sance de Cecilio Alejandro Nicolás, était-il le premier. Et Cecilio Rubes se donnait beaucoup de mal pour s’y exhiber comme le pro-totype de l’homme du monde que, dans son imagination, il créait et admirait. Malgré tout, il n’arriva jamais à s’habituer à fumer de gros havanes parce qu’à la seconde bouffée il était assailli par l’irrépressible désir de rendre et un homme pris de nausées ne pou-vait en aucune manière être un parfait homme du monde.&lt;br /&gt;Le nombre de membres du Real Club était plutôt réduit par le coût excessif de la cotisation d’entrée. La dernière assemblée, pré-sidée par Cecilio Rubes, décida de relever la cotisation d’entrée à cinq cents pesetas pour limiter le droit d’admission. De cette manière, “était protégée la pureté du noyau fondateur et bon... ne se prosti-tuait pas la tradition, la parfaite dignité du groupe”, comme Cecilio Rubes lui-même le dit dans le bref préambule qui précéda le vote.&lt;br /&gt;Le club comptait trois grandes dépendances: salon, salle de jeu et salle à manger. Cecilio Rubes faisait en sorte de fréquenter les trois salles à parts égales et, pour cela, il n’avait pas besoin de se forcer, étant donné qu’il aimait bavarder presque autant que manger ou que risquer son argent. Là, protégé de l’état plébéien qui enveloppait la cité comme une lourde tunique, il se sentait plus ami de ses amis, plus jeune, plus important, plus affamé, plus assoiffé, plus joueur que dans aucune autre circonstance de sa vie. Pour tout cela il aimait le club. (...)&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Miguel Délibes&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Traduit par José Maria Fernandez&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sisí, mon fils idolâtré, nous raconte la vie de Cecilio Rubes, un fabricant de baignoires quadragénaire, superficiel et égoïste. Il n’a pas d’amis, n’aime pas réellement sa femme et ne se rappelle de Dieu que dans les pires moments. Au moment d’éduquer son fils, il ne sera guidé que par le désir qu’il “soit heureux”. Peu lui importe qu’il fréquente les bas fonds ni qu’il délaisse ses études. Et la discipline avec laquelle les Sendín - prototype de la classe moyenne conservatrice et contrepoint de la propre famille de Cecilio - éduquent leurs fils, lui parait comique et superflue. Mais sa négligeance recevra son châtiment en révélant l’immense absurdité de sa vie. Authentique satire morale, le roman réunit toutes les qualités narratives de Delibes: sa justesse dans le traitement des personnages; son langage riche et précis; sa maîtrise pour recréer des situations et des évènements de la vie espagnole; l’ampleur de ses registre et leur intensité. Considéré comme un des meilleurs romans de Miguel Delibes, &lt;em&gt;Mi idolatrado hijo Sisí &lt;/em&gt;a été porté au cinéma sous le titre : &lt;em&gt;Retrato de familia&lt;/em&gt;, portrait de famille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Miguel Delibes est né à Valladolid en 1920. Il a obtenu le prix Nadal en 1947 avec &lt;em&gt;La sombra del cíprés es alargada&lt;/em&gt;. On peut se procurer l'essentiel de son oeuvre publiée en France aux Editions VERDIER
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